
Si vous ne connaissez pas la série microeffects de Guyatone, vous serz forcément surpris par la taille de l'engin. Une boite d'allumettes à peu près, elle tient dans la main sans soucis. La construction est identique à ses copines : un footswitch costaud, une LED rouge et 2 potars vissés sur le dessus d'une coque en tôle épaisse peinte en vert jardin, à l'arrière les jacks d'entrée et sortie eux aussi vissés sur la coque et une alim standard Boss 9 V. Elle consomme 10 mA, autant dire rien. En dessous une plaque en alu assez fine est retenue par un joint en caoutchouc qui fait tout le tour de la pédale et sert à la fois de patin antidérapant, d'isolant et de verrou pour la trappe à pile 9V. C'est cheap mais l'expérience a montré qu'elles se laissaient marcher dessus sans trop protester.
Un compresseur donc. Oubliez les ajustement de studio et les prises de tête sur 1:10 de taux pendant 2 heures, c'est pas son truc.
A la rigueur elle saura limiter les crêtes avant de rentrer dans l'interface numérique. Pour le reste, son domaine c'est la scène et la bidouille sonore.
On a à notre disposition :
- Un bouton de volume noté LEVEL, -oo/+10 dB. C'est peu mais il fait son boulot dans le silence, ce qui est suffisament rare chez les compresseurs pour être souligné.
- Un potar SUSTAIN qui à l'écoute est je pense une combinaison de threshold et de release. Lorsqu'il est à 0, l'effet est à peu près transparent et s'apparente à un clean boost. Au fur et à mesure qu'on lache les chevaux, on commence à avoir idée de ce dont la pédale est capable. Ca écrase méchamment, ça fait ronfler les graves, ça pince les mediums à outrance. A 12 h tous les détails du jeu en accords ressortent, les solos chantent avec un beau son fluté, les tirés sont brillants comme chez Marcus. En bout de course c'est plutôt tendance Tony Levin/Jannick Top. Plus guère de relief mais un gros paquet de graves qui cogne dans le bide. Il y a du sustain à n'en plus finir, les larsens partent tout seuls.
- Cerise sur le gateau, un petit switch bizarre labellé DIRECT. Quand il est activé, un blend actif réinjecte du signal clair à la sortie de l'effet. Les bénéfices pour la basse sont immédiats. Un très, très gros son sans perte de dynamique. On peut enfler les graves et garder des aigus agressif si on le souhaite. Avec une fuzz ou un octaveur c'est un bonheur. On récupére de la finesse dans notre son de brute et la personnalité de l'instrument est respectée.
En ce qui concerne spécifiquement la basse, je place cette pédale dans la même catégorie que la Jacques Fat Burner et l'EBS Multicomp, toute deux plus chères et polyvalentes mais dans le même esprit, des compresseurs avec une empreinte sonore bien marquée qui sont de véritables effets et pas seulement des réglages de dynamique. On est à l'opposé d'une Boss CS-3 ou d'une MXR Dyna-Comp, par exemple.
Tous les besoins classiques du bassiste sont couverts. Harmoniques et tapping sont facilités, on s'asseoit facilement dans le mix, les effets ne se dispersent pas, le jeu au mediator sonne serré et bien contrôlé, le slap est régulier. Tout ça pour 100 € dans les magasins et moins de 60 € port compris chez les ricains, c'est ce que j'appelle un excellent rapport qualité prix.
+ :
Une personnalité bien affirmée et très musicale
Brrrrrrrrroooarrrr
Très peu de souffle
Parfaitement adaptée à la basse
- :
Pas vraiment subtile, elle écrase très (trop) fort
Boost un peu léger
Gomme tout relief sur les extrêmes
Réglages ultra basiques
L'exercice est un peu vain pour ce genre d'engin mais j'ai tout de même ajouté un sample. A chaque fois vous avez le son à poil puis une ligne dans le même style avec le compresseur enclenché, dans différentes positions.
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