Test du Préampli Behringer V-Tone Bass BDI 21
Quand
on possède une basse passive toute simple, il est
intéressant dans certains cas de pouvoir disposer d'un
préampli externe dans le but d'augmenter la palette de sons
disponibles. Si elle dispose en plus d'une sortie XLR pour rentrer
directement dans une table de mixage voire un ampli de puissance, je
pense que ça devient très intéressant.
Un préampli, pourquoi faire ?
Les
préamplis sont indispensables. Pas seulement pour changer la
texture du son mais surtout pour faire le lien entre la partie
puissance de l'ampli et la basse. En effet, le signal provenant des
micros n'est pas assez puissant pour commander directement un ampli de
puissance. Le rôle d'un préampli est d'amplifier ce signal
pour qu'il soit "compatible" avec des entrées standards.
Dans le cas d'un combo, on parle souvent
d'enceinte et d'ampli de puissance, ce qui est faux, car le terme ampli
de puissance est constitué d'un préampli et d'une partie
puissance.
L'aspect puissance d'un ampli n'est qu'une
succession d'étages amplificateurs mis en cascade. Il est
important d'avoir un préampli car il permet d'assurer que le
signal soit dans les normes autorisées par la section puissance.
Il existe plusieurs type de préamplis
À tube : Onéreux,
possède la plupart du temps un grain moins neutre
et une compression naturelle à cause des tubes.
Actif : Généralement
fabriqué autour de FET, de MosFET ou d'AOP, est donc une
alternative aux tubes. Dans certains cas, dans le haut de gamme, la
Classe A permet d'obtenir des résultats meilleurs en
matière de distorsion, bruit, etc.
Hybride : Comporte des transistors
et un ou plusieurs tubes, généralement un Blend est
disponible pour avoir un pourcentage précis du son
désiré. Généralement, c'est le plus
polyvalent.
Numérique : En général, intègre des effets et d'autres options. Particulier et pas au sujet du jour. ;-)
La société Behringer
Le premier produit
sort en 1978, il s'agit d'un synthétiseur nommé UB1,
ensuite au fil du temps la société est devenue
très importante, couvrant une centaine de pays et ayant 2500
collaborateurs. La société est créée en
1989. La gamme est très large et comprend à peu
près tout ce dont ont besoin les musiciens dès lors que
le produit comporte un peu d'électronique. La politique de
Behringer est de vendre un maximum de produits à un prix
très agressif. En vendant plus, on peut faire baisser le
coût de chaque produit fabriqué. La conception est donc
faite en Allemagne et la fabrication en Chine dans une usine
certifiée ISO9000. La gamme des produits est vraiment
étendue et une majorité de produits valent la peine
d'être testés.
Caractéristiques du produit
| Entrée |
6.35 mm 1M Ohms |
| Sortie |
6.35 mm 1k Ohms |
| Sortie Balanced (symétrique) |
XLR 200 Ohms |
| Alimentation requise |
9v - 100 mA |
| Batterie |
9v |
| Dimensions |
127*100*50 |
| Consommation |
25 mA |
| Poids |
460 g |
L'
aspect extérieur compte quand on achète un nouveau
produit. L'emballage protège bien celui-ci et les explications
au dos sont assez claires pour se faire une idée de ce que cet
effet peut apporter. Précision importante, elle a
été développée spécialement pour la
basse. Dans le cas d'un préampli c'est plus important qu'avec un
effet du fait que les fréquences de réglages et la bande
passante sont différentes. De plus, un drive sera
forcément différent d'une guitare standard.
Le
corps est entièrement en plastique, cependant j'ai fait un test
pour vérifier son immunité aux parasites, et aucun
problème à ce niveau-là, en fait le fond est bien
en métal avec un pad antidérapant généreux.
La conception est assez ingénieuse en fin de compte, le dessous
du boîtier est blindé et le fait d'utiliser un circuit
imprimé double couche permet de blinder le dessus et de souder
les composants CMS sur l'autre côté du circuit
imprimé, cela permet de prendre en sandwich les composants qui
sont dans une cage de faraday presque parfaite. Pour résumer,
pas de problème à ce niveau-là. Certains
composants volumineux comme les condensateurs sont mis sur la platine
car ils ne craignent pas les parasites et exploitent la place
disponible.
Le
switch installé est directement sur une petite platine annexe,
en fait un vrai switch mécanique coûte beaucoup plus cher,
cependant le résultat est bon. Les potentiomètres sont
des ALPS qui restent une marque très réputée en
électronique et a priori très résistants
car ils équipent entre autres tout ce qui est platine de DJ.
Le compartiment pile est situé
derrière l'effet, la trappe est pratique, l'ouverture sans
tournevis. Bref, excellent point. Encore une fois le connecteur pile
est de bonne qualité.
La
plaque du dessous indique le mois et l'année de fabrication, des
conseils ainsi que le numéro de série, elle est en
métal et revêtue d'un pad antidérapant qui n'a
aucune chance de se décrocher. L'ensemble est très stable
et cette plaque sert aussi a blinder l'électronique.
Bref,
après inspection, dans l'ensemble c'est bien, pour moi
l'important est de faire moins d'économie au niveau
électronique que pour le boîtier. Surtout que dans ce cas
cela reste largement acceptable. Les boutons sont de meilleure facture
que ceux des effets d'entrée de gamme Behringer, c'est moins
cheap, en fait. Pas de faute de goût, le design
épuré est très classe.
Au niveau réglages :
7 boutons sont accessibles sur le haut
Drive : Détermine le taux global du gain du préampli. Similaire à un master sur un ampli à tube.
Treble : Ajuste +/- 12 dB les aigus.
Bass : Ajuste +/- 12 dB les basses.
Presence : Ajoute ou atténue les harmoniques supérieures du signal pour un signal plus soft ou au contraire plus d'attaque.
Level : Ajuste le niveau de sortie du préampli
Blend : Ajuste le mélange transistor/"tube" simulé.
GND Lift : déconnecte ou pas la masse au niveau de la XLR.
Le switch sert à bypasser
(contourner) ou pas la pédale. C'est intéressant dans le
sens que cela permet d'avoir 2 préréglages comme un ampli
avec 2 canaux, 1 clair et 1 saturé, par exemple...
Concrètement :
Le
V-Tone Bass BDI21 simule un ampli à tube ainsi que son grain de
son. De plus, à l'aide de l'égaliseur 2 bandes et du
contrôle de présence, sa versatilité est
augmentée. La DI est pleinement exploitable mais le son naturel
de la basse ne sera entendu qu'en mode bypass, bien entendu. À
mon avis, elle est en-dessous de l'Ultra-DI 100 qui est
développée uniquement dans ce but, seulement ça
reste une excellente idée. Au niveau électronique, c'est
entièrement analogique, pas de numérique et j'ai souvent
une nette préférence pour l'analogique hormis pour
certains effets.
L'utilisation :
Le bypass
À
l'emploi, je suis déjà étonné par le faible
niveau de bruit effet enclenché ou pas. Le fait de ne pas
utiliser de switch mais un système électronique de bypass
permet de supprimer le "poc" a chaque commutation entre effet et
bypass. L'effet n'a donc pas de true-bypass, cependant le signal ne me
semble pas altéré.
Les contrôles
Les réglages répondent très bien, il n'y a pas de
crant milieu sur les EQ mais ils ont un sacré boost.
Individuellement, les contrôles sont francs et relativement
précis.
Le son
Le
premier test effectué a été fait en branchant une
Jazz Bass via le BDI21 dans un Peavey Microbass. Le résultat est
intéressant car cela augmente les possibilités de
l'ensemble. Un second test sur le Nemesis et ma Warwick démontre
facilement que le niveau de bruit est excellent. À moins de
pousser les aigus à outrance, elle est très transparente.
Les possibilités sont intéressantes, un rapide essai avec
les pressets donnés sur la notice indique que c'est
fidèle à ce que l'on attend de ce genre de pédale.
En fait, je suis même agréablement surpris du rapport
qualité/prix.
Testé
au casque, cela confirme ce que je pensais, c'est le genre de
préampli qui peut être utilisé sans souci
directement avec un ampli de puissance sans apport de bruit mais
uniquement des réglages en plus. À mon avis, avec une
Fender Precision ou ce genre de basse, sur une sono, ça peut
être très intéressant. Avec une basse qui a
déjà une électronique évoluée, cela
peut être également intéressant, mais à mon
avis, moins. Cela dépend aussi de votre perception du grain de
son, de ce que vous recherchez, etc.
La saturation est sympa, elle donne une
certaine présence dans le son assez agréable ; il ne faut
pas trop en abuser mais réglée légèrement,
c'est intéressant. Comme d'habitude, ça se rapproche des
tubes tout en restant assez différent.
Attention :
Je me suis vite rendu compte que le niveau
de sortie quand le drive était poussé pouvait être
très important, je recommande un ampli avec un clip en
entrée dans le but d'éviter tout problème.
En conclusion :
Totalement
analogique, ce préampli est intéressant à plus
d'un titre, pas vraiment neutre mais ayant un faible bruit de fond, il
est assez versatile. La sortie DI est un réel plus. À mon
avis inutile si le bassiste a déjà un monstre de guerre
du genre Ampeg SVT3 ou EBS Fafner ou une tête ayant du
caractère. Par contre, avec une tête tout transistor ou
très neutre, cela peut augmenter la palette sonore de
façon spectaculaire. Sur des petits combo aussi. Le genre de
préampli que l'on met dans une housse avec sa basse et qu'on
ressort en cas de besoin...
| Construction |
    |
| Électronique |
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| Prix |
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| Utilité |
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| Note globale |
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