Test de l'accordeur Peterson StroboStomp :
Souvent
après la housse, l'accordeur vient en 3éme position
d'achat. Tout le monde connaît le rustique modèle
analogique qui rend de super services. Généralement, il
est suffisant pour la majorité des besoins, cependant, de part
la multiplication des cordes, des accordages en Drop D, avec un
capodastre, il devient vite nécessaire d'acquérir un
objet un peu plus haut de gamme, surtout s'il intègre au passage
d'autres options plus intéressantes.
Il existe plusieurs sortes d'accordeurs :
Classique à aiguille : bon rapport qualité/prix, précision moyenne.
À LED :
Généralement réservé à des racks,
précision bonne et avantage de la lisibilité sur
scène si l'on veut s'accorder rapidement.
Accordeur stroboscopique :
Catégorie à part, qui n'est fabriquée que par
Peterson Tuners, ça tombe plutôt bien car c'est cette
technologie que l'on teste aujourd'hui.
Un peu d'histoire :
Richard H.
Peterson, le fondateur de la société, a un parcours
très intéressant. Après être né
à Chicago en 1925, il baigne dans l'univers des orgues,
rapidement il s'intéresse à l'électronique sous
toutes ses formes : radios, tubes, mécanismes et plus
particulièrement par le couplage électronique/orgues.
Pendant la deuxième guerre mondiale, il
est opérateur radio puis continue le développement de
l'intéraction électronique/orgue, l'attaque, le
délai et l'indépendance entre chaque note.
En 1951, il rencontre Don Leslie qui
devient un fidèle ami. Ils développent ensemble
principalement des inventions pour orgue dont la wha wha qui sera
transposée par la suite sur d'autres instruments. Il s'agit de
réel passionnés qui partagent ensemble une passion
commune.
Le reste est tout aussi passionnant et disponible en Anglais à cette adresse.
La gamme Peterson :
Aucune
marque n'est parvenue à un tel degré d'excellence en
matière d'accordeur. Généralement, cette gamme se
retrouve majoritairement chez des luthiers/studios qui s'en servent
pour accorder précisément leurs instruments. Il faut bien
comprendre que des millions d'instruments ont été
accordés a l'origine à l'aide de ce type d'accordeur, pas
seulement des guitares ou des basses, bien entendu.
Ce qui fait la différence :
La
principale caractéristique qui fait la réelle
différence reste la méthode d'accordage. Il n'y a pas
d'aiguille ou de LED, le fonctionnement est différent. Sur les
modèles de table différents disques tournent dans un sens
différents, chaque disque représente une gamme d'octave.
Comme toute la série est chromatique, le nom de la note ainsi
qu'une indication sur les dièses et les bémols
apparaissent. Ce n'est pas forcement facile a expliquer, mais pour
simplifier, ces disques tournent dans un sens et ont une vitesse
différentes quand l'instrument n'est pas correctement
accordé. Progressivement, les disques tournent à la
même vitesse et dans le même sens. Une fois qu'ils
s'arrêtent, l'accordage correspond à la note
indiqué.
StroboStomp Virtual Stromp Tuner
L'emballage
présente l'accordeur de façon attractive. Ça
change de la majorité des boites de carton sur le marché.
Après un rapide déballage, je sors une petite boite
très design et jolie, un objet presque féminin, aux
formes douces et design. Une réelle recherche a
été effectuée pour plaire à un maximum de
gens. D'ordinaire, le reste de la gamme est très sobre, cubique
et d'apparence pro, là, c'est plus accessible et simple.
Récemment,
Peterson a sorti cette pédale pour répondre de
manière plus adaptée aux besoins des musiciens voulant
l'utiliser tout les jours sur scène avec moins de contrainte
qu'avant. Un format proche d'un effet standard a été la
meilleure solution. Un écran rétroéclairé a
été installé de manière à pouvoir
s'accorder sans problème dans l'obscurité. Le
design ressemble beaucoup à une carrosserie de voiture,
beaucoup d'éléments subjectifs indiquent et renforcent ce
fait, comme l'aspect drapeau noir et blanc présent sur la
sérigraphie ainsi que sur la boite. Cela tranche totalement avec
les autres produits de la gamme, plus cubiques, noirs, austères,
mais très pros. L'ensemble est robuste et digne de confiance, ce
dont Peterson ne se cache pas. :-)
On
peut alimenter la pédale avec une pile de 9V mais vu la
luminosité de l'ecran et après renseignements, elle
tiendra 8h si elle est de bonne qualité. Il vaut mieux à
mon avis prendre un adaptateur 9V. D'autant plus qu'elle consomme
beaucoup vu la chaleur de mon alimentation EBS. La consommation
nominale de la pile est de 85mA, ce qui est important. C'est
justifié de part la luminosité de l'écran. Dommage
qu'il n'y ait pas un réglage pour celui-ci, cela permettrait
d'économiser fortement la pile. La trappe sur le coté est
pas mal même si je préfère
généralement l'alu.
L'écran
est un réel modèle de clarté et de
lisibilité, aucun souci pour voir correctement dans le noir.
Pour donner un ordre d'idée, une TV de ce format éclaire
autant. Ce n'est pas un simple écran LCD mais une matrice de
point éclairée par des LED haute luminosité, un
écran haut de gamme et assez coûteux que les amateurs
d'électronique connaissent bien.
Le
switch est digne de confiance, la LED qui s'éclaire selon le
mode de bypass est très visible. 2 petits boutons en-dessous de
l'écran permettent de naviguer et de sauvegarder des pressets
dans les différents modes. Ce switch est un modèles 3DPT,
donc un true bypass réel est installé dans l'appareil. Il
est légèrement incliné ce qui facilite selon moi
l'appui. Les 2 petits switchs au-dessus sont suffisamment discrets et
enfoncés pour pouvoir être certain de ne pas modifier de
réglage même en appuyant dessus avec le pied.
L'électronique
est fabriquée avec un soin plutôt rare, un blindage au
niveau de l'écran permet de ne pas avoir d'influence
électromagnétique sur l'électronique principale.
Le reste du boîtier étant en alu (elle pèse 475 g
en tout), aucun problème en ce qui concerne d'éventuels
parasites. Le câblage est propre et la technologie
utilisée CMS permet de diminuer la taille des circuits
imprimés ainsi que le bruit électronique. Les
différentes platines sont reliées entre elles au moyen de
nappes et de connecteurs d'excellente qualité.
Après avoir détaillé
les premières impressions qu'ils m'aient été
données d'avoir en observant la pédale, passons aux
caractéristiques !
Les principaux éléments intéressants :
True Bypass réel à l'aide d'un switch 3DPT
6 pressets d'accordage temperé et 3 pressets Buzz Feiten
2 pressets utilisateurs avec possibilité de sauvegarder
Transposition automatique si un capodastre est utilisé
Drop ajustable
0.1 % de précision en mode accordeur
Sortie DI active
Construction en alu très résistante
Alimentation par pile ou transfo
Au niveau des modes d'accordage :
Hormis
le fait que l'on peut accorder une basse 7 cordes ou une guitare 12
cordes sans rien modifier aux pressets, un menu est accessible sur
simple pression de touche et permet de rentrer 2 pressets utilisateurs
ou d'utiliser les modes disponibles. Tout se règle à
l'aide de 2 touches situées sous l'écran.
Le diapason peut être choisi entre
433 et 447 Hz par pas de 0,5 Hz. Les accordages alternatifs permettent
de mettre un capodastre jusqu'à la 5 ème frette, d'autre
part on peut choisir entre un demi-ton et quatre demi-tons.
En tout, 9 tempéraments pré-réglés sont
déjà disponibles d'origine. Hormis les accordages
spéciales gratteux, pour la basse un accordage spécial
adouci permet de jouer avec un piano acoustique, un autre sert dans le
cas où vous avez une basse avec le système Buzz Feiten.
La possibilité de sauvegarder 2 pressets vous permet d'envisager
les accordages les plus fous, notamment en drop. La programmation est
simple et intuitive, même si l'aide est assez discrète.
Étant 30 fois plus précis qu'un accordeur de type LED,
aucun remord pour le remplacer. De plus, l'écart d'accordage
autorisé se situe entre 8 Hz et 1975 Hz, a priori aucun
souci avec une Sub Basse, donc. ;-)
La sortie DI :
Comble
du luxe, la StroboStomp fait aussi DI active. Pas de souci au niveau de
la connectique, c'est du Neutrik. D'autre part, en cas d'utilisation
avec une prise munie d'une alimentation fantôme, pas de danger
pour la pédale. Je ne l'ai pas testée, mais vu la
réputation de la marque, je ne ne m'inquiete pas. En regardant
de plus près, on remarque aussi un power in et out, en fait
c'est une idée simple qui consiste à relier les 2 prises
pour éviter d'utiliser un cable araignée pour alimenter
une autre pédale en même temps.
Quelques détails intéressants.
Peterson
n'a pas oublié le fait que cet accordeur soit un modèle
haut de gamme et que suivant l'utilisation, scène ou studio, les
besoins sont légèrement différents. C'est dans
cette optique que 2 switchs sont paramètrables à
l'intérieur de l'appareil, juste derrière la trappe. Un
autocollant indique le mode au cas où le manuel n'est pas
présent. Pourquoi ne pas intégrer ces différents
modes dans le menu, d'une part pour des raisons pratique (on ne sait
jamais qui "teste" une pédale), d'autre part le true bypass est
toujours effectué de manière mécanique, pas avec
un presset électronique.
Au
dos de l'appareil, un mémo fort utile indique un schéma
structurel permettant de régler les différents mode,
ainsi qu'une foule d'informations telles que la polarité de
l'alimentation. C'est une bonne idée et reflète le niveau
de "détail" que la société met dans chaque
produit. Seulement 2 vis sont présentes pour ouvrir la
cavité mais vu que la pile est accessible sur le coté,
cela ne servira pas a priori à des utilisateurs finaux.
Il y a en tout 3 modes assez différents.
- 100% dérivation réelle
C'est soit on accorde, soit on joue, pas les 2 en même temps, la
sélection se fait avec le switch. Pourquoi une telle
idée, c'est simple, cela permet d'être sûr à
100% que l'accordeur n'influencera en rien le signal quand vous jouez.
Ce n'est pas le cas avec les racks sur le marché, par exemple,
et cet accordeur est les premier à avoir cette fonction.
Plutôt réservé a une utilisation studio ou pour les
perfectionnistes.
- Contrôle de l'accordage + DI
C'est le réglage d'origine. L'accordeur, la sortie 6,3, la
sortie DI sont pleinement fonctionnels mais en appuyant sur le switch,
on coupe le son de sortie pour s'accorder sans bruit. L'accordeur
fonctionne en temps réel tout le temps.
- Contrôle de l'accordage + DI - Terre
Même réglage que précédemment sauf que la
terre de la DI est déconnectée.
En pratique :
L'accordeur est très rapide, le
temps de réaction et le tracking des notes est bon (cf.
vidéo). Contrairement à mon ancien accordeur à
aiguille, la fiabilité de l'accordage est bien meilleure, d'une
part grâce au réglage stroboscopique, et d'autre part
grâce à la précision extrême des
fréquences mesurées par l'appareil. Le fait d'avoir une
plage disponible à partir de 8 Hz indique qu'elle peut supporter
sans aucun souci une sub basse, cependant, par expérience, plus
les cordes sont grosses, plus elle sont dures à accorder. Il
faut un petit temps d'adaptation, mais cela devient vite très
ludique.
Vidéo 1
Vidéo 2
Conclusion :
Explose
tout ce qui se fait sur le marché. La sortie DI est un
réel avantage. L'idée de récupèrer la
sortie d'alimentation est une bonne initiative pour éviter
d'acheter un cable araignée. Après quelques
hésitations, la méthode stroboscopique pour s'accorder
est excellente, on a même envie de le faire plus souvent
tellement c'est ludique. Pas de fautes de goût au niveau
esthétique ou électronique, c'est du sérieux tant
à la conception qu'en utilisation. Des pressets très
intéressants, un son intégralement respecté en
true bypass, pour moi c'est LA référence actuelle de ce
qui se fait sur le marché, le reste de la gamme est trop pro
pour nos besoins, mais là c'est tout simplement parfait.
Évidement, le prix n'est pas au
même niveau qu'un accordeur standard, mais si l'on compare avec
un accordeur en rack de bonne facture, le coût de revient, la
conception, ainsi que les fonctions supplémentaires et la
qualité de ce genre d'accordeur, cela reste un bon rapport
qualité prix, sans compter qu'elle fait aussi boite de DI
active.
Site officiel Peterson
Site officiel StroboStomp
Site officiel Buzz Feiten
| Construction |
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| Électronique |
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| Prix |
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| Utilité |
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| Note globale |
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