Test de la basse Warmoth "Blonde²"
Quelquefois,
sans réellement chercher un instrument, on tombe sur une basse qui ne
laisse pas indifférent et forcément on craque. Une basse passe partout,
avec un look somme toute assez commun, mais avec des spécifications qui
sont assez loin du modèle original si l'on y regarde de plus prêt.
La
forme est bien entendue directement héritée de la Fender JazzBass qui
reste le type de basse le plus copié avec la Precision, plus de 50 ans
après sa création. Comme pour la Stratocaster, ces formes sont
standards chez un grand nombre de fabricants, voire même quelques
luthiers qui tentent de rester dans l'esprit de l'instrument en
ajoutant un apport personnel.
L'histoire de la marque Warmoth
Warmoth
fabrique depuis plus de 20 ans des corps et manches pour guitare et
basse. Ils assurent aussi la distribution des pièces détachées pour les
clients qui commandent tout en même temps chez eux, dans l'optique de
monter une basse de A à Z.
Étant
donné qu'ils fabriquent les corps et les manches sur place, il est
possible de personnaliser sa commande, en choisissant les options comme
les bois, la forme du corps, les frettes, la tête du manche etc.
Warmoth
est le seul fabricant en vente direct de ces pièces, ils n'importent
donc pas des produits finis autres que l'accastillage, micros etc.
La
notion de qualité est le premier facteur chez Warmoth, pour preuve les
manches des Yamaha Pacifica 900, les corps et manches des Valley Arts
(Custom Pro Series) et plus proche de nous, Pensa-Suhr et Sadowky ainsi
que de nombreux luthiers reconnus utilisent leurs produits.
La
CNC (commande numérique) reste la base de la fabrication des pièces,
mais le processus long et complexe nécessite la connaissance parfaite
de la lutherie en général. Une visite d'usine très intéressante
est en ligne.
Infos importantes
Le
fait de commander ce type de basse nécessite de prendre en compte
quelques variables. Une planification des frettes doit être faite, le
slilet doit être limé et les 4 trous au niveau de la jonction
corps/manche doivent être effectués avant assemblage. Pour le reste
cela dépendra surtout de la motivation et du but de l'acheteur.
Généralement la plupart des acheteurs passent par un luthier.
Il
est tout à fait possible de chosir le type de micro installé, le type
de chevalet, voire un vibrato (...). Par exemple si vous voulez une
basse se rapprochant du modèle Modulus Flea, rien ne vous empêche
d'acheter un corps avec une finition Sparke faite par Warmoth, un pavé
Music Man, acheter le manche graphite chez Status et monter le tout par
un luthier. Ce n'est qu'un exemple bien entendu. Il existe même des
têtes de manche dont le profil est à finir pour avoir un instrument
unique.
Comme pour la lutherie,
impossible d'avoir une idée précise du son final sans s'être un maximum
renseigné avant, voire tester des configurations similaires.
Historique de cette basse en particulier :
Je
l'ai achetée en occasion il y a plusieurs mois, les bois viennent donc
de chez Warmoth et ont séché plusieurs mois chez un luthier avant
vernissage. Guitar Doctor a fait un excellent boulot pour le vernis,
cela m'a été confirmé par la suite par 2 luthiers.
Le
réglage du manche ne me convenant pas, elle a été ensuite confiée aux
bons soins de Didier Duboscq qui en a profité pour poser un BadAss
ainsi qu'un hipshot en même temps.
Étant
assez exigeant sur l'électronique, j'ai tout recablé moi même, mis une
partie de potentiomètre Cermet, blindé la cavité et remplacé beaucoup
plus tard la plaque en plastique à l'arrière par une pièce en laiton
usiné par un ami.
Détails sur cette JazzBass Warmoth
Les bois
Première
particularité, cette basse n'est constituée que d'érable. Le manche est
en une pièce d'érable moucheté avec une touche de la même matière.
Dans
l'optique d'être cohérent avec la réalité, les photos ont été réalisées
sans flash, cependant et comme souvent, le résultat est plus
spectaculaire quand on a la basse devant soi...
Souvent
les fabricants utilisent plusieurs bois avant de les coller dans
l'optique de rendre plus rigide le manche, cependant un certain nombre
d'excellents luthier utilisent une seule pièce. Cela dépend surtout de
la qualité et du séchage du bois.
Sachant
que 2 tiges en acier renforcent le manche de part et d'autre de la tige
de réglage, il y a peu de chance qu'il se déforme. Sur la mienne le
réglage n'a pas bougé depuis que le luthier s'en est occupé. Warmoth a
pris la décision d'utiliser de l'acier après comparaison avec d'autres
matières dont le graphite. Le manche a aussi une frette en plus par
rapport à une JazzBass. Warmoth propose jusqu'à 4 frettes ; le talon
reste identique pour s'adapter à un maximum de basses. Pour ceux qui
pensent que ce n'est pas fiable, regardez les touches de contrebasse.
;-)
Concernant
le corps, cette basse a bénéficié d'une rareté chez Warmoth à savoir le
corps en une seule partie. Généralement il est très rare d'en voir en
showcase, sur commande cela reste possible mais ça dépend de leur
stock. Beaucoup de basses ont une table d'un bois figuré qui ne dépasse
pas 0,3 ou 0,5 cm, mais le fait d'avoir un corps entier est beaucoup
plus rare voire impossible pour une majorité de marques.
Autre
détail assez appréciable, il n'y a pas eu besoin d'installer de cale au
niveau de la jonction corps/manche. En général une majorité
d'instruments ont une cale pour pouvoir régler l'angle d'inclinaison du
manche. Chez Warmoth, généralement les luthiers n'en ajoutent pas car
l'angle est déjà bon. C'est un gros plus sachant que la surface de
contact entre le corps et la base du manche est maximale, en pratique
le sustain est donc supérieur.
L'acastillage
D'origine
un chevalet custom à savoir un genre de Gotoh 201 avec des pontets de
Fender Deluxe était installé, je l'ai remplacé par un BadAss II. Ce
type de chevalet assure une excellente tenue mécanique des cordes car
une fois en place plus aucun risque de déplacement latéral en ce qui
concerne les cordes. Par contre ce type de chevalet necessite de limer
ou faire limer le dessus des pontets pour le réglage de l'espacement
des cordes. Il y a 2 methodes à savoir faire un "tunnel" ou simplement
marquer le pontet à la lime. Pour avoir comparé les 2, le fait de
simplement limer l'endroit où touche la corde reste la meilleure
technique.
Les
mécaniques sont des Schaller, pour ce type de basse ce sont mes
préfèrées. Un Hipshot a été ajouté dans l'optique de pouvoir
passer le MI en RÉ et donc de se désaccorder d'un ton. Cela permet
d'augmenter le registre de l'instrument ou plutôt de se faciliter la
vie quand les autres instruments jouent un ton en-dessous par exemple.
Globalement la précision de l'accord avec un hipshot est bonne, la
facilité de passer du MI au RÉ rapide et simple, c'est donc une bonne
option, surtout pour une 4 cordes. Ci-dessous la différence de position
entre les 2 réglages. La vis permet d'affiner le réglage du ton
en-dessous.

Les
cordes installées sont des D'Addario. Je ne me fie pas forcément aux
marque hormis 2-3 modèles à éviter absolument. Disons que par
expérience la seule façon valable est de tester différentes marques sur
chaque basse.
Le
sillet est en os, les frettes sont fines et bien finies. Elles
ressemblent plus à des frettes de mandolines qu'à des frettes de basses
! L'alliage utilisé est constitué de 18% de nickel et de laiton. Cette
proportion donne un aspect très proche de l'argent à la frette mais le
but principal est d'augmenter la durée de vie de la frette par rapport
à des frettes standards.
Je
n'aime pas les touches érable non vernies, sur cette basse le boulot
est très bien fait, aucune erreur sur les séparations frette/vernis.
Les inlays noirs sont standards et sont parfaitement positionnés. Des
inlays carrés en abalone de type JazzBass 70 rajouteraient trop
d'éléments visuels sur ce type de basse.
L'électronique
Des
micros Fender Custom Shop 60" sont installés sur la basse. Ensuite j'ai
dû prendre en compte que la table avait déjà été prévue pour 6
potentiomètres par l'ancien propriétaire. Le but a donc été d'exploiter
tous les trous et de mettre le préamp Aguilar OBP3 dans une
configuration qui me plaise. Au final les réglages peuvent être
simplistes mais avec la possibilité d'avoir des réglages étendus.
Potentiomètre volume micro grave (push pull actif/passif)
Potentiomètre volume micro aigu (push pull série/parallèle )
Grave ±18dB @ 40 Hz
Médium ±16 dB @ Fréquence ajustée
Aigu ±16dB @ 6,5 kHz
Fréquence des médium (entre 400 et 800 Hz)
Cela peut paraître à première vue extravagant, mais au final ça peut
permettre de se passer de préampli et de rentrer directement dans
la sono par exemple. Je n'ai pas osé rajouter une tonalité passive,
mais le mode série/parallèle est bien entendu disponible que ce soit en
actif ou passif.
Les micros sont
assez bruyants quand ils sont utilisés seul en face d'un écran (simple
bobinage oblige), les cavités seront blindées ultérieurement si j'en
ressens le besoin. Ce détail mis à part, ils ont une bande passante
élevée et sont à mon sens parfaits pour ce type de basse par rapport au
type de son que je recherchais.
Le
préamp est désormais alimenté en 18V pour augmenter le potentiel de
l'Aguilar. La cavité est entièrement blindée. Pour plus d'informations
sur le blindage et le montage du préampli, un tutorial
adaptable à n'importe quelle basse est disponible sur le site. Bien
entendu, rien n'empeche de le câbler avec moins d'options, sinon
Aguilar a sorti l'OBP1 qui est une version sans artifice et réduite au
niveau de ses possibilités de câblage.
La
plaque de protection était d'origine en plastique. Voulant passer en
18V, après avoir cherché différents emplacements pour les 2 piles, la
meilleure solution a été de s'inspirer de Warwick qui fait généralement
une défonce sur le dos de la basse. J'ai préféré la solution de la
plaque avec une défonce directement au-dessus. Le vernis que j'ai fait
par dessus n'est pas parfait, mais peut importe, l'ensemble est très
fonctionnel.
La prise en main
Vu
les bois employés et le type de basse, l'instrument est plutôt lourd,
c'était très prévisible. Cependant avec une bonne sangle de type
Confort par exemple, c'est largement supportable. Le manche est plus
épais qu'un manche standard de JazzBass, il est plus proche d'un manche
de Precision en fait, avec un profil assez rond au dos.
Le son
La
première chose qui étonne à vide, c'est le sustain et la projection
sonore de cette Warmoth. D'autre part on ressent rapidement son
caractère propre. Il semble que le son s'améliore avec le temps en
vieillissant et d'après ce que m'a dit un luthier, elle peut encore
s'améliorer...
On branche...
Sur
mon ampli Nemesis qui est réputé très neutre, encore plus depuis que je
l'ai modifié, la première fois que je l'ai branchée j'ai été épaté par
son sustain et sa faculté à sonner sans artifice. Généralement je
joue avec l'égalisation de l'ampli à plat. Cette basse a réellement un
beau grave et l'instrument est très bien balancé. Le hipshot fonctionne
parfaitement, mais la tension de la corde change légèrement. Cette
basse est plus imposante que les autres modèles que j'ai actuellement,
mais finalement on s'y trouve très rapidement à l'aise. Je comprends
mieux pourquoi une grande majorité de bassistes jouent sur ce type de
forme.
L'électronique
active fonctionne très bien, elle reste transparente et n'a pas les
défauts de certaines, par exemple la fréquence choisie par Aguilar pour
les aigus ne fait pas surtout entendre les bruits de frettes. Le gain
des graves est un poil important mais le fait d'être centré sur 40 Hz
permet d'avoir un son limite Dub quant il est poussé à outrance. Les
médiums paramètriques c'est bien, mais personnellement je ne m'en sers
peu. En slap par contre c'est intéressant, ça change la "couleur" de
l'instrument.
Globalement
les réglages des médiums sont moins intéressants que les graves et
aigus car dans certains cas, poussés a outrance ce n'est pas très
intéréssant musicalement parlant. De toutes façons rien n'oblige
d'utiliser toute les fonctions et de booster à tout prix, comme si
chaque potar devait être utilisé. J'ai toujours trouvé cela assez
ridicule. Les possibilités sont là, mais pas pour booster
artificiellement une basse.
En mode passif, le résultat est quasiment identique qu'en mode actif à plat quand la basse est alimentée en
9V.
En slap elle est hyper intéressante, cependant je ne maîtrise pas correctement cette technique.
Mon avis sur la marque
Warmoth
fait réellement de bons produits, la même attention est apportée à
chaque pièce produite. Ce qui fait réellement le prix global, ce sont
les choix des bois et les options. En y réfléchissant un peu, on peut
avoir une tuerie pour un budget modique si on reste basique dans ses
choix. Évidement l'aide d'un luthier sera nécessaire pour éviter de
faire des grosses erreurs, car à la base les pièces sont vraiment de
bonne qualité.
Conclusion
Ça
ressemble a une JazzBass, ça se joue comme une JazzBass, mais les
performances globales en matière de lutherie et d'électronique sont
au-dessus de beaucoup de marques plus réputées. Pour résumer, une
excellente JazzBass-like qui a son propre caractère, plus affirmé que
la moyenne, mais qui passe aussi bien dans le mix cependant. Elle
semble être appréciée vu les avis que l'on me donne souvent après
essai...
| Lutherie |
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| Électronique |
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| Jouabilité |
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| Son |
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| Au blobal |
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